mercredi, mai 25, 2011

Citius, Altius, Fortius? - ou la crise de l'éducation supérieure...

Loin de vouloir être l'avocate du diable, je suis assez intriguée par quelques articles lus récemment tous traitant de près ou de loin à une certaine crise de l'éducation supérieure (pour ne pas dire du système tout simplement) d'un point de vue US et espagnol. Jusqu'ici, le mot d'ordre était: étudie, soit le meilleur, va aussi haut que possible et ta vie sera faite. Ben, aujourd'hui, il semblerait que cela ne suffise plus.
Indignados près de la Puerta del Sol, Madrid


Le premier (article ici de Techcrunch) annonçait une "bulle" de l'Éducation Supérieure aux Etats-Unis selon Peter Thiel le créateu de Paypal, l'autre traitait de la passivité des jeunes espagnols (ici) et un autre sur la génération nini en Espagne que j'ai perdu... J'ajoute donc un lien vers un blog qui annonce l'arrivée des "ni-ni" en Suisse () et qui explique ce que c'est. 


Ainsi,  l'article relatant la vision du créateur de Paypal sur le prochain éclatement de la bulle de l'enseignement supérieur m'a fait "réfléchir" sur la portée et l'utilité des études. Peter Thiel faisait particulièrement référence aux système éducatif coûteux américain et aux grandes usines d'élite comme Harvard, Stanford et autres qui monnayent à des prix exorbitants leur enseignement. Aujourd'hui, en tant de crise, il suggère que la question de la rentabilité de telles études  prend d'autant plus de sens que ces diplômes n'assurent ni l'emploi ni un niveau salarial satisfaisant dans un environnement ou une grande partie de la population est largement diplômée et peut-être même sur-qualifiée.



Un indigné demande la révolution...
Du côté de l'Espagne, le problème de l'éducation supérieure est pour beaucoup déjà une réalité depuis plusieurs années. Certains espagnols considéraient déjà que  suivre des études pour obtenir in fine un diplôme sur-dimensionné pour le tissu économique espagnol (et être forcé de s'expatrier un jour où l'autre ou tout simplement de mentir sur leurs qualifications pour cacher un niveau de diplômes inutilement élevé), c'était perdre son temps. L'autre alternative? travailler pour être au mieux mille-euriste (i.e. qui gagne 1000€ brut par mois)sans une réelle perspective d'évolution. Fini le rêve de devenir ou propriétaire (comprenez, trouver le Graal) ou de pouvoir consommer à tout va comme l'ont fait leurs parents. Un double cul-de-sac en quelques sortes. La solution? Certains jeunes espagnols de cette génération ni-ni avaient pris le parti de vivre aux crochets de leurs parents et de ne rien faire. D'où l'article sur leur passivité.

Grande surprise, depuis le 15 mars 2011, une foule a assailli la Puerta del Sol et autres places espagnoles pour contester la situation actuelle, ces voies sans issue qui leur était offerte. La génération précaire réclame une révolution qui permettrait enfin aux jeunes espagnols de travailler chez eux et d'y vivre décemment. Ils exigent une démocratie réelle (?) où ils auront eux aussi doit à leur part du gâteau. Est-ce le début d'une plus grande révolution d'une toute autre envergure où cela va-t-il être tué dans l'oeuf? On verra bien.


Finalement, poursuivre une éducation supérieure, c'est d'une certaine manière se forger dans un moule. Cela permet simplement de se préparer à être un soldat parmi tant d'autres pour travailler dans de grosses entreprises (et surtout d'être étiqueté comme tel par celles-ci). C'est tenter de s'assurer (hors période de crise) un niveau de vie relativement décent et, il fut un temps, stable. Certainement pas transcendant du style de tous ces millionaires bien connus (qui ont rarement suivi un cursus linéaire), mais personne n'a dit que c'était l'objectif d'une éducation supérieure de qualité. Lorsqu'on pense un peu à ces drop-outs qui ont fait fortune ou à ceux sont tout simplement célèbres pour leur intelligence des affaires: Steve Jobs n'aurait pas terminé ses études à Standford (mais aurait continué à suivre des cours de son choix durant un certain temps), Richard Branson fondateur de Virgin, le créateur de Mac Donald's, Mark Zuckerberg (qui fut exclut de Harvard ?), Albert Einstein... On comprend mieux que si l'éducation offerte est utilisée de manière éclairée et si on est prêt à prendre des risques (mesurés?), cela peut donner lieu à des créations d'entreprises qui peut-être un jour perceront. On comprend aussi que la débrouillardise est l'une de ces clés du succès qui n'est jamais enseignée ni à l'école ni à l'université.



Autres articles sur des sujets similaires:
Paille, on nous a vendu un rêve dans Antilla
Les indignados espagnols maintiennent la pression dans l'Express
La génération perdue de la grande récession dans CNN Money

2 commentaires:

Antonio Correas a dit…

Une question très en vogue, effectivement.

Dans ce contexte, je me demande à quel point la situation actuelle est causée par la classe politique-economique actuelle, ou bien elle vient de plus loin, de la base même du système et des valeurs occidentaux.

Juani a dit…

C'est la question à 1 milliard de dollars...