lundi, mars 14, 2011

Catastrophe au Japon :(

Haiti 2010, une île, pays le plus pauvre du monde, un tremblement de terre de magnitude 7,3 sur l'échelle de Richter. Plus de 200,000 morts et plus d'un million de sans abris. De nombreux bidonvilles, peu ou pas de bâtiments répondant aux normes antisismiques, trop chères. Une tête politique faible, certainement corrompue. Un an après, le pays est toujours à terre. 

Japon 2011,  une autre île, un des pays les plus riches du monde, un tremblement de terre de magnitude 8,9 sur l'échelle de Richter et un tsunami ravageur. Une autre catastrophe. Pour le moment, on compte 10,000 disparus, 310 000 personnes évacuées pour le moment. 

Le Japon est le pays le mieux préparé aux tremblements de terres. Il paraît que les secousses sont leur quotidien. Les bâtiments sont construits en respectant des normes antisismiques de pointe, mais même si les bâtiments résistent aux secousses, que peut-on faire contre un tsunami? Tout ce que l'on peut faire, c'est développer techniques et ingénierie pour apprendre à prévenir ces catastrophes pour pouvoir évacuer à temps. 
Les images sont absolument impressionnantes tout autant que désolantes. J'ai été marquée par les vidéos et photos de routes  fissurées avec des pavés qui se sont soulevés d'un mètre ou plus, et de bâtiments autour toujours debouts. Quant aux voitures et débris emportés par l'eau... Pour couronner le tout, l'une des centrales nucléaires du nord est du japon est l'objet de toutes les attentions, après deux explosions sur site, tout le monde craint un accident du style Tchernobyl, animant en occident les discussions sur les risques du nucléaire (dans un débat qui me semble absolument hors contexte). 

Depuis plusieurs années, le Japon traverse une crise politique avec des premiers ministres qui passent et s'enchainent. Récemment, le ministre des affaires étrangères avait démissionné. Aujourd'hui, il s'agit de retrouver les disparus et les quelques survivants peut-être coincés dans leurs voitures emportées par l'eau. Et reconstruire. Maintenant, les banques japonaises qui déversaient leur excès de liquidités sur des actifs étrangers pour diversifier leur risque, étoffer leur portefeuille et rentabiliser l'épargne des japonais, vont certainement consacrer leurs liquidités à l'effort de construction national en rapatriant leurs fonds ou en coupant net le flux de nouvelles liquidités et d'investissement vers l'Occident en peine d'un tout autre mal. 

A combien s'élèvent les dégâts? Comment cette catastrophe affectera-t-elle l'économie et les japonais? Détruire et créer. J'avais lu une fois qu'il existait un mot japonais qui englobait ces deux sens. Vais-je le retrouver? Je suis curieuse de voir les japonais à l'oeuvre et savoir en combien de temps et surtout comment ils réussiront à surmonter cette catastrophe. 



mercredi, mars 09, 2011

La bosse des maths

Ce matin, j'ai écouté un podcast de France Inter, La tête au carré consacré au livre de Stanislas Dehaene, "La Bosse des Maths, 15 ans après".

L'auteur est mathématicien et neurobiologiste. Il a cherché à trouver la relation entre l'activité du cerveau et l'intuition mathématique. Selon lui, il y a bien dans le cerveau des zones dédiées qui s'activent pour calculer, et cela indépendamment de notre culture. Des ordinateurs, peuvent identifier des chiffres auxquels on pense en analysant l'activité électrique de notre cerveau (le taux de réussite reste faible, de l'ordre de 50-60%).  Il est aussi intéressant de savoir, que ce qui différencie l'homme des animaux n'est pas la simple reconnaissance des nombres et quantités, mais plutôt sa capacité à réaliser des calculs numériques précis.

Stanislas Dehaene explique comment l'éducation joue un rôle prépondérant dans la réussite en mathématiques, du moins pour les capacités numériques basiques, bien au delà qu'un talent inné. Au fil des questions, il explique comment les jeux mathématiques simples ou même des jeux de société comme 1000 bornes peuvent faciliter l'intuition mathématique des enfants. Il reconnaît que l'enseignement de la musique permet de faciliter la concentration et la coordination chez l'enfant, ce qui a des effets bénéfiques dans tout processus d'apprentissage. Et sur la question de l'inégalité des sexes face aux mathématiques, il rappelle que les petits garçons européens et américains ont des résultats bien moindres que ceux des petites filles chinoises aux concours et tests de mathématiques, rappelant que finalement, c'est l'éducation qui prévaut et formate les petites filles européennes à être presque fières de ne pas être bonnes en maths.

Alors, jouez aux jeux de sociétés avec vos enfants, au "1000 bornes", jeu de l'oie, jouez de la musique, et surtout, ne laissez pas vos petites filles croire qu'elles sont prédisposées pour être mauvaises en sciences et mathématiques. N'oublions pas que les filles peuvent aussi mener des carrières scientifiques et d'ingénieur, tout comme cette chercheuse Viviam Wing-Wah Yam qui travaille sur les manières de capturer l'énergie solaire et d'émettre de la lumière en se basant sur le concept de la photosynthèse.

Hypnose by Juanita972
Hypnose a photo by Juanita972 on Flickr.

lundi, mars 07, 2011

Ecosystème Apple ? - 2

Voici les chiffres que j'ai pu extraire des laconiques présentations d'Apple.

Revenus générés par Itunes Store et les dispositifs iOS (iPad, iPhone, iPod) 
Entre Jan'10 et Dec'10, le chiffre d'affaires d'Apple s'est élevé à 76 Mds $, donc 7% furent générés par l'iTunes Store (Itunes, App Store et iBook Store) et 13% par la vente de l'iPad. 



Les revenus de l'iTunes Stores ont certes progressé avec la multiplication des dispositifs iOS, mais ne représentent que 7% du chiffre d'affaires d'Apple. D'ailleurs, en 2010, les ventes de l'iTunes Store ne représentaient que 47$ par dispositif iOS vendu, ce qui me semble assez peu pour justifier que les ventes de iTunes Store permettent de compenser le soi-disant "faible" prix de vente de l'iPad. Toutefois, ce sera certainement un axe de croissance qui se consolidera au fil du temps.

J'imagine donc que les marges faites par Apple sur ses Macs doivent permettre de compenser la recherche R&D faite pour les nouveaux dispositifs. On rappelle que Apple se fait des marges autour de 36-40% sur l'ensemble de ses produits alors que la plupart de ses concurrents se font des marges inférieures à 10% (voir article de Mac 4 ever). D'ailleurs, il semblerait qu'avec la sortie de l'iPad les marges d'Apple ont diminué avec la sortie de l'iPad (de 40.1% en 2009 à environ 39.4% en 2010) et Apple a déjà annoncé qu'il espère que ses marges continuent à baisser (innovation et coût de production et matières premières). On peut remarquer que les avancées faites sur les ordinateurs et sur les systèmes d'exploitation, quoique régulières restent mineures ou plutôt très progressives, ce qui suppose une limitation des coûts annuels de R&D à ce niveau. Ainsi, je peux bien croire que cela donne beaucoup de latitude à Apple pour se concentrer sur le développement de nouvelles technologies pour ses nouveaux dispositifs générateurs de croissance dans ce qu'ils appellent d'ores et déjà l'ère Post-PC.


Quelques chiffres sur Apple
En Mars 2011, Apple annonce avoir vendu plus de 100 millions d'iPhones depuis juin 2007, près de 15 millions d'iPads depuis Avril 2010 et j'imagine qu'Apple a déjà dépassé le cap des 300 millions d'iPods vendus depuis 2001 (ce dernier chiffre reste à vérifier). 200 millions de comptes iTunes ont d'ores et déjà été créés. 100 millions de livres ont été téléchargés sur iBook Store en moins d'un an.  En janvier 2011, le cap des 10 milliards d'Apps téléchargées était passé et en Mars 2011, Apple annonçait avoir versé 2 milliards de $ aux développeurs (depuis les débuts de l'app store en juillet 2008 approx.). 



De cette profusion de chiffres, on peut déduire que:
+ en moyenne 1,000$ furent dépensés en Apps par utilisateur depuis mi-2008
+ la moitié des détenteurs de comptes iTunes a téléchargé un livre sur iBook Store (gratuit ou payant). 
+ Le prix moyen de l'iPad (+accessoires) vendu est de 635$ donc les modèles les plus prisés sont ceux d'entrée de gamme (certainement Wifi 16Go et 32Go)
+ Revenu moyen de iPhone est 632$, 169$ pour l'iPod (accessoires inclus).
+ $ 2.8 Mds ont été dépensé sur l'AppStore et la très majorité des applications téléchargées sont gratuites.


Résultats d'Apple 2010 - Des chiffres qui font tourner la tête

Le chiffre d'affaires de 2010 représente plus du double de celui de 2008 grâce à l'essor des produits iOS (et notamment  à une nouvelle norme comptable relative au traitement des revenus d'iPhones appliquée fin 2009).
En 2010, la R&D a augmenté de 34% à 1.7Mds$ et représentait 2,7% de son chiffre d'affaires contre 1.1Mds en 2008 pour 3% du chiffre d'affaires. Les dépenses dédiées aux Ventes et opérations marketing ont certes augmenté à 5.5Mds$ en 2010 mais elles ne représentent plus que 8.5% du chiffre d'affaires en 2010 contre 10% en 2008.


Apple se targue d'un cash flow annuel de 18.5Mds$ en 2010 et d'une réserve de cash de 5Mds $ 50Mds $. On note que sont WC est de 20 Mds$.
 


dimanche, mars 06, 2011

Ecosystème Apple ? - 1

C'est après avoir lu les deux articles suivants (Nokia’s Elop: Apple changed the game, and today, Apple owns the high-end) et Why Nobody Can Match the iPad’s Price  que j'ai eu envie de faire quelques petits calculs. Pour ceux qui n'aiment pas la profusion de chiffres, s'abstenir. 

Le premier article est un commentaire du CEO de Nokia qui explique que Apple et Google ont devancé Nokia, non seulement de part les fonctionnalités de leurs smartphones mais aussi et surtout pour l'écosystème qu'ils ont réussi à mettre en place (AppStore et iBook Store pour iOS, Android Market pour Google).  Le deuxième article de Wired s'attache à trouver une raison pour laquelle Apple, pour une fois, réussit à vendre sa tablette à un prix moindre que celui de ses compétiteurs. Il mentionne entre autre l'écosystème, l'intégration verticale d'Apple et son réseau de vente existant. 

Je me souviens d'articles de iSupply indiquant que le coût réel de production de l'iPad 1ère génération variait entre 230$ et 350$ (hors coûts de Recherche & Développement) pour un prix de vente allant de 499$ à 899$. Si on considère que le coût de revient des éléments est si faible, pourquoi un an après la sortie de l'iPad ne voit-on toujours pas des copy-cats proposer des tablettes à des prix inférieurs à 500$ avec des fonctionnalités similaires? Pourquoi le géant Nokia n'a-t-il pas été capable de développer comme l'a fait Google une tablette qui puisse concurrencer l'iPad alors même que le gouvernement indien est déjà en train d'annoncer une tablette tactile à 35$ pour 2011? Il semblerait que la technologie embarquée et la clé de répartition des dépenses R&D en soit pour quelque chose. Mais l'écosystème d'Apple permet-il réellement de booster les revenus des dispositifs iOS tels que l'iPad? 








vendredi, mars 04, 2011

Black Swan 7/10

Mardi soir, j'ai vu Black Swan avec Natalie Portman et Vincent Cassel.

Le film traite d'une ballerine, Nina, choisie pour interpréter, dans une version revisitée du Lac des Cygnes,  les rôles du fragile cygne blanc et de son envoutant double maléfique le cygne noir. Nina est parfaite techniquement pour jouer le cygne blanc, mais il lui manque cette passion qui fera d'elle une interprète envoutante du cygne noir. Dans sa quête de l'interprétation parfaite, sa schizophrénie va s'éveiller jusqu'à la détruire.

Je n'ai pas aimé ce film. Je ne l'ai peut-être pas compris d'ailleurs. Mais j'ai adoré la chute du film, lorsqu'après la 1ère représentation mémorable et exutoire du ballet, Nina est heureuse et satisfaite, enfin libérée, elle dit " I felt it, it's perfect " avant de s'éteindre. Cette chute m'a laissé songeuse. D'une part parce qu'elle laisse entendre que cela vaut la peine de se sacrifier pour atteindre la perfection et d'autre part pour cette éloge de l'émotion et de la passion qui transcende la technicité.

J'ai particulièrement aimé cette piqûre de rappel: la perfection technique s'il en est, n'est pas suffisante pour atteindre une certaine perfection, surtout en matière artistique. Il faut y ajouter une touche d'émotion. Cette sublime émotion, ce je ne sais quoi insaisissable et indéfinissable.

Et surtout, cette émotion ne peut pas surgir de la pureté seule.

Cela me rappelle donc cet épigraphe que j'aime tant d'Agrippa d'Aubigné dans les "Fleurs du Mal" de Baudelaire :

"On dit qu'il faut couler les exécrables choses
 Dans le puits de l'oubli et au sépulcre encloses,
 Et que par les écrits le mal ressuscité
Infectera les moeurs de la postérité
Mais le vice n'a point pour mère la science,
Et la vertu n'est pas fille de l'ignorance."

Certes, il est assez difficile de faire un parallèle direct entre le beau, la pureté technique, la passion, l'émotion, le vice, la science et l'ignorance, mais  de la même manière que par les écrits le ma ressuscité n'infectera pas forcément les moeurs de la postérité, la passion - le désir charnel, un grain de folie- peuvent aussi permettre à l'artiste de transcender sa rigueur technique et de créer une oeuvre originale et sublime qui touchera son public.

 N.B. Même si je n'ai pas aimé le film, je dois reconnaître que Vincent Cassel y est plutôt sexy (je ne m'en étais jamais rendu compte auparavant) et qu'il joue à merveille son rôle de maître de ballet un tantinet séducteur. Je reconnais aussi que pour une fois Natalie Portman mérite vraiment le titre d'actrice (à part dans "Paris je t'aime", ses apparitions dans V de Vendetta et dans Star Wars avaient été plutôt désastreuses à mon humble avis). Je n'ai pas aimé le traitement de la schizophrénie peut-être un peu trop classique ou trop obscur à mon goût. Ou peut-être n'ai-je rien compris du tout:  finalement le personnage de Lily (impeccablement joué par Mila Kunis) existait-il réellement ou était-il une simple création de l'esprit de Nina?

Edit: j'ai revu le film et il est beaucoup mieux sans les scènes un peu dures de folie... J'ai donc remonté sa note de 6/10 à 7/10.