lundi, février 21, 2011

The future of the brain

Une fois n'est pas coutume, ce week-end, j'ai lu un article du magazine la Recherche sur la plasticité du cerveau et sur la manière dont la lecture recycle les neurones. Voir l'article ici qui m'a rappelé une vidéo découverte il y a quelques mois alors que, en navigant sur Flickr, je suis tombée sur les photos de Helen Sotiriadis et tout particulièrement l'une de ses photos où elle commentait sa progression photographique (la photo ici). Elle y mettait un lien vers une vidéo de Susan Greenfield traitant du cerveau: susan greenfield: the future of the brain.

La vidéo est asse longue, 73 minutes en anglais, mais elle présente quelques résultats assez captivants. Susan Greenfield rappelle que le cerveau est l'essence de chacun de nous, de notre personnalité. Elle insiste beaucoup sur la plasticité du cerveau et la manière dont il se modèle petit à petit en fonction de nos expériences. Son exposé mène à essayer d'imaginer l'impact des nouvelles technologies et de la culture de l'écran (jeux vidéo, usage accru d'internet) sur le cerveau et notre manière d'être, de fonctionner, de réfléchir, de prendre des décisions et d'intéragir.

Ce qui m'a le plus étonnée, c'est l'expérience menée sur l'impact cérébral de l'apprentissage du piano sur différents groupes de personnes n'ayant jamais joué du piano auparavant (voir minutes 8-10 de la vidéo). Elle étudie 3 groupes de personnes: un groupe de contrôle qui n'apprend pas le piano et qui ne fait que regarder l'instrument, un groupe qui suit quelques séances de cours de piano et un autre groupe qui s'imagine en train de jouer et d'apprendre du piano, une sorte d'entraînement mental. Le résultat de l'étude? Apparemment, l'entraînement mental marquait le cerveau d'une manière presque similaire (un peu moins) à un réel entraînement pratique et physique des cours de pianos!

Certes, cette petite étude ne montre pas l'efficacité de cet entraînement mental à l'heure de jouer réellement du piano, mais je reste étonnée du fait que le simple fait de penser aie pu changer le cerveau et les connexions entre les neurones, le stimuler presque autant que l'expérience elle-même. 

Il faudra que j'essaye l'entraînement mental avec la capoeira pour voir à quel point m'imaginer dans un jogo ou en train répéter un mouvement pourra réellement m'aider à l'entrainement physique :-)

mercredi, février 16, 2011

Vulnerability...

Grâce à Colleen, je suis tombée sur cette vidéo de Brenée Brown, "chercheuse et conteuse d'histoire" qui m'a fait réfléchir un peu.

Durant cette conférence, Brenée raconte comment, après des années de recherche, elle est arrivée à la conclusion qu'être capable d'accepter sa vulnérabilité sans faux-fuyants permettait de vivre pleinement chaque moment de notre existence et d'embrasser le bonheur et "le sentiment d'appartenance".

Les exemples de situation de vulnérabilité qu'elle cite sont nombreux: avoir peur de se lancer dans une nouvelle relation dont on ne sait pas si elle va marcher ou pas à l'avance, craindre d'être viré, crainte d'avoir à virer quelqu'un, avoir à demander de l'aide, attendre la réponse d'un médecin au sujet d'une maladie. Elle conclut: "Nous vivons dans un monde de vulnérabilité et nous avons tendance à chercher à ne plus ressentir les sentiments pénibles, mais cela fait que l'on ne ressent plus non plus pleinement ni la joie, ni le bonheur, et finalement, on se sent vulnérable et misérable." Elle invite à chercher pourquoi et comment on chercher à anesthésier la vulnérabilité: on essaye de rendre l'incertain certain, on cherche à tout perfectionner et on prétend que ce qu'on dit n'affecte pas les autres.  Être parent ce n'est pas répéter à un enfant qu'il est parfait ni essayer de le rendre parfait, c'est l'éduquer pour qu'il sache que même si la vie n'est pas facile et même s'il devra faire face et résoudre de nombreux problèmes dans sa vie, il mérite d'être aimé pour ce qu'il est. 

Et elle conclut qu'il faut pratiquer la gratitude, aimer de tout son coeur même sans garantie, accepter le fait que nous sommes ce que nous sommes, et que cela suffit largement, c'est le "I am enough". Elle conclut humblement "That's all I have".

J'ai beaucoup aimé sa manière de raconter son histoire. J'ai envie d'y croire, au moins sur le plan personnel, puis j'aimerais savoir comment l'appliquer sur le plan professionnel.

Finalement, être capable de dire "je ne sais pas", ou de poser une question a priori stupide en public, c'est aussi montrer à l'autre qu'on ne se croit pas supérieur à lui, et que finalement chacun peut apporter sa pierre à l'édifice.

Voici le lien: http://www.ted.com/talks/brene_brown_on_vulnerability.html

vendredi, février 04, 2011

De la renommée et du temps présent

Hier, 3 février 2011, Edouard Glissant nous a quitté. C'est avec une grande tristesse que j'ai appris la nouvelle.

La dernière fois que je l'ai vu, il était de passage à Londres, il y a 3 ans. Il présentait une conférence à la Serpentine Gallery. La Serpentine Gallery, connue pour ses expositions d'art contemporain, venait de changer de directeur qui était un profond admirateur de l'œuvre d'Edouard Glissant. Il y lût un manifeste (co-écrit avec Patrick Chamoiseau) sur l'identité à une époque où N. Sarkozy avait décidé de créer un ministère de l'identité nationale. J'étais à la fois émue de le revoir et étonnée de me rendre compte de sa renommée. Un auteur de notre petite île Martinique attirait tant de monde venant de toute part, personnes absolument fascinées par cette personnalité et par son discours sur la créolisation. Tout un chacun s'abreuvait de son discours, comme s'ils comprenaient au fond d'eux-même, comme si son discours faisait vibrer quelque chose en eux.
Ce fut pour moi, une sorte de prise de conscience. Comment avais-je pu le côtoyer et ne pas entendre son discours? Comment pouvais-je être Martiniquaise et ignorer son discours alors même que tous ces gens étrangers à la Martinique y trouvaient une sorte d'inspiration, un sens?

Timidement, j'ai commencé à lire quelques œuvres antillaises, ou plutôt j'ai entamé ce projet d'en lire quelques unes. J'en ai lu si peu depuis. Mais, j'ai redécouvert que venir d'une m'apportait une richesse, un point de vue différent mais qui pouvait être partagé et apprécié.

Aujourd'hui qu'Edouard n'est plus là, je me rends compte que je n'ai pas essayé de profiter du temps présent pour échanger, discuter avec lui lorsque j'en avais l'occasion. Je n'en avais pas l'envie à l'époque, ni conscience que ce serait une opportunité que je perdrais un jour.

mardi, février 01, 2011

Rendez-vous avec l'histoire (suite)

En Novembre 2008, je donnais rendez-vous en Sep'10 pour faire le point sur cette fameuse crise, une fois que les résultats du 3ème trimestre de 2010 allait être disponible, on aurait pu avoir une idée de l'état des entreprises, si elles se récupéraient ou pas.

Figurez-vous que toute l'attention a été tout simplement détournée en 2010 sur des problèmes de bien plus grande ampleur : Le risque souverain avec un focus particulier sur la dette publique des États européens et la guerre des devises (Yuan vs Dollar, Euro vs Dollar, Real Bresilien vs reste du monde, Yen vs etc.). Une petite note aussi sur Wikileaks et ses conséquences diplomatiques, et puis, le tour est joué.

En résumé, c'est toujours la crise, les banques sont toujours fautives, les Etats devraient proposer une solution mais ont les poches aussi vides que celles de leurs concitoyens, ils sont d'ailleurs aussi endettés qu'eux (et il semble qu'on ne s'en rende compte que maintenant).

Mais alors, où va-t-on?

L'Europe suit une politique d'austérité et essaye de mettre en place des institutions ou des systèmes d'entraide inter-communautaire. La Chine profite du désespoir des économies européennes asphyxiées par leurs questions de refinancement de dette publique pour se forger des alliés-pantins, le Brésil se prépare pour la coupe du monde et les Jeux Olympiques en menant des opérations coup de poing dans les favelas. Obama essaye de se refaire une place au soleil chez lui après une défaite à des élections de mi-mandat, la crise des micro-crédits pointe le bout de son nez en Inde et l'Afrique reste "bercée" ou engluée au point mort par ses dictateurs et autres autocrates.

Et les entreprises dans tout ça? Elles essayent de survivre dans la jungle des nouvelles régulations et de se faire elles aussi une place au soleil, comme toujours.