dimanche, octobre 30, 2011

Monsieur / Madame le President

À l'heure ou des milliers d'Indignés manifestent de par le monde avec le leitmotiv d'une "démocratie réelle tout de suite", nombre de pays vont devoir élire leur président incessament. Argentine et Espagne (élections anticipées) en 2011, France et USA en 2012, pour ne citer que ceux que je connais. 

J'avais d'abord été surprise par ce slogan qui réclamait une démocratie réelle dans un pays, l'Espagne, qui venait de fêter les 30 ans de sa République suite à la chute du dictateur Franco. Interloquée, je me suis posée la question: "à quoi font-ils référence?" "Que recherchent-ils s'ils ont déjà un système de suffrage universel en bonne et due forme?". Et là de prendre conscience, le suffrage universel ne fait pas tout. C'est ce que montre tristement les démocraties africaines. Les urnes peuvent parler, mais si un leader éclairé ne souhaite pas les écouter, ce suffrage universel ne devient plus qu'un leurre. 

La démocratie, c'est le pouvoir au peuple. Mais voilà, le peuple est trop pris par son quotidien, ses 40 heures de travail hebdomadaire (si ce n'est plus) et sa vie de famille, donc le peuple délègue la démocratie à une équipe plus réduite, un gouvernement et à son chef, son leader éclairé: le Président. 

Si j'ai bien compris, les indignés d'Espagne considèrent que leur gouvernement ne les représente plus, et n'exerce pas le pouvoir en vue de solutionner leurs problèmes, mais plutôt pour satisfaire une petite bande d'amis qui s'offrent entre eux les postes juteux, tout en se protégeant des méfaits de la crise, laissant le commun des mortels au dépourvu.

Avec cette constatation en tête, je me demande si élire un président, ce n'est pas plutôt choisir une personnalité et une vision. Quelqu'un qui ait une vision du pays aujourd'hui et demain. Le programme n'est qu'un instrument, un plan de route. Il est certes fondamental, mais finalement, s'il n'y a pas quelqu'un qui soit bien entouré, qui ait le charisme pour rassembler, la finesse politique pour jongler adroitement entre les desiderata partisans nationaux, les exigences de l'échiquier géopolitique et la direction, l'abnégation pour ne pas se laisser emporter par la tentation de la corruption et suffisamment de respect pour ses électeurs pour éviter l'oligarchie et le népotisme… Un homme ou une femme pétris de valeurs, de principes mais aussi de pragmatisme. Si un/une candidat(e) n'a pas toutes ces qualités. Quelle qualité devrait primer?

1 commentaire:

Antonio Correas a dit…

Ça a l'air d'une lettre que tous les candidats et proches futurs présidents devraient lire :)

Muy buena.