jeudi, août 04, 2011

Éphémère Star

Il y a longtemps que j'avais en tête un post sur le caractère éphémère de notre existence et de toute chose en ce bas monde. Maintenant, je sais qu'il y en aura plusieurs.

Une droguée alcoolique est décédée, elle était aussi une artiste talentueuse. Elle fait donc la Une des journaux. Amy Winehouse. Le monde la pleure, tant de talent gâché, elle est partie trop tôt entend-t-on. Elle était adulée pour son oeuvre, deux albums de musique, pour sa magnifique voix et certains de ses fans adoraient certainement son côté âme perdue, agent provocateur.

Une richesse estimée à 6 millions (livres sterlings, euros, dollars - who cares at this level?), des millions d'albums vendus, une notoriété qui avait dépassée les frontières de son quartier (limite habituelle du succès du commun des mortels) pour devenir mondiale, des fans, une reconnaissance de son talent de son vivant. Et pourtant, elle se tuait à petit feu.

Oui, elle se tuait à petit feu. Disons qu'elle jouait à éteindre sa flamme, puisque vieillir n'est-ce-pas mourir à petit feu? Apparemment, elle se shootait aussi bien seule qu'en compagnie de l'amour de sa vie. Pourquoi a-t-elle commencé? Pourquoi a-t-elle continué? Pour vivre plus d'expériences extrêmes? S'échapper de ce monde? Pour retrouver une inspiration perdue au milieu de tant de chahut? Par peur de la décadence (quelle ironie)? On ne saura pas. Du moins, je ne le saurai jamais. Je crois qu'elle n'avait pas réalisé que malgré tout le malheur qu'elle a pu connaître (séparation de ses parents, son divorce et que sais-je?), elle a eu accès à son petit coin de paradis terrestre et n'a pas su le savourer.

Pourquoi pleurer sur sa tombe? Elle a fait de sa vie ce qu'elle voulait, non? En plus, elle au moins, elle a eu le temps de produire une oeuvre, une belle oeuvre, reconnue de son vivant. Pour lui rendre hommage, on peut encore écouter ses chansons. Je n'écoutais pas leurs paroles mais j'adorais leurs mélodies et sa voix. Je ne nie pas que la mort d'Amy Winehouse soit une perte pour le monde artistique. Je regrette simplement que la presse traite cette disparition prématurée comme un ultime sacrement au rang de légende dans un pseudo club des 27 (comment peut-il y avour un club s'il n'y a pas de vie pour l'animer?), alors que ce n'est que la conclusion logique d'une fuite en avant effrenée dans une insatiable spirale de drogue et alcool...

Elle aurait peut-être pu continuer à nous offrir des chansons, des mélodies qui nous inspirent, ou nous aider à découvrir de nouveaux talents. Au moins, elle avait déjà créé quelque chose.

Ce n'est certainement pas le cas des dizaines de jeunes personnes qui ont été froidement abattues par leur compatriote sur cette île en Norvège. Pour eux, c'était vraiment trop tôt.

J'ai envie de croire que si Amy Whinehouse le voulait vraiment elle aurait pu s'en sortir, un peu à l'image de Drew Barrymore qui connut si jeune les dérives du showbiz et ceitte fameuse spirale insatisable. J'ai envie d'y croire pour nous tous qui n'avons pas fini notre oeuvre, et qui un jour pourrions nous retrouver dans une le même genre de spirale infernale. Tout ne dure qu'un temps, qu'on mesure à l'once de notre propre perception et de notre propre vie. Deux échelles si intimement liées et si trompeuses. Il faut en profiter, apprécier et vivre chaque instant, mais ne pas le gâcher.

1 commentaire:

Antonio Correas a dit…

Très jolie, ta cronique :)