jeudi, mai 20, 2010

Much ado about nothing

L'euro est en danger. C'est ce qu'on entend partout. Pourquoi? parce que la Grèce, qui a un PIB de 324bn$ (soit 2% des 15 283bn$ du PIB de la zone euro - 16 pays européens?) risque de faire faillite après avoir falsifié ses comptes. Mais encore? L'Europe n'est pas prête pour l'euro, son pseudo-pacte de stabilité ne servait à rien - ceci dit, personne ne le respectait -, et puis de toutes façons elle n'a pas d'institution capable de faire face à de telles crises... 2012 arrive et c'est la fin du monde? non??

Il faudra qu'on m'explique, le japon qui fut un temps la 2ème économie mondiale avec un PIB de 4358 bn$ a une dette qui fait plus de 200% de son PIB et tout va bien. Ah, je suppose que le yen a été dévalué (ça reste à voir), et puis, les gens font confiance au japon, stable (au fait, combien de fois le gouvernement a-t-il changé ces 5 dernières années??) et innovant. Mais alors, quel est le problème de fond pour l'Europe.

La perte de la valeur que subit l'euro en ce moment, ne peut-elle pas être envisagée comme une sorte de dévaluation relativement controlée? 27 pays doivent s'organiser, dans un moment de crise pour mettre en place des structures efficaces et pragmatiques. N'est-ce pas le meilleur moment pour le faire? La dévaluation que subit l'euro sur les marchés menace-t-elle vraiment l'économie des pays de la zone euro?

Je n'ai pas de réponse, mais plein de questions. J'espère que je saurai y répondre un jour.


2 commentaires:

Grosenbaf a dit…

Ton blog est de retour!!! :)

Lesquelles sont, à ton avis, les institutions dont la stabilité et le pragmatisme de l'Europe devaient dépendre?

K-dream a dit…

Tout d'abord, il s'agit d'un problème politique. Il faut d'une tête pensante qui soit capable de prendre les rennes de l'Europe et de prendre les décisions. Le système de Vice-présidence tournante est un peu illusoire, et ne fait qu'entretenir une certaine perception que tous les pays sont maîtres du jeu chacun leur tour. Sauf qu'il ne s'agit pas d'un jeu, et il faudrait d'une certaine stabilité et cohésion dans les décisions politiques prises au niveau européen...

En termes d'institutions, il faut clarifier le pouvoir de la banque centrale européenne. A quoi servent les institutions nationales comme la Banque centrale españole, s'il n'y a plus de pesetas ou de monnaie nationale? Cela implique tout simplement que chaque pays va imposer un certain nombre de règles sur les transactions bancaires qui peuvent entraîner un certain déséquilibre entre entités de pays variés. Pourquoi les banques européennes ne suivent-elles pas le même règles lorsqu'il s'agit du provisionnement en cas de défaut (morosidad)? Cela suppose des implications sur les décisions stratégiques, commerciales quotidiennes de ces différentes entités.

D'autre part, comment peut-on expliquer que les craintes sur la solvabilité de l'Espagne, implique une tension au moment du financement des banques espagnoles seules, alors que la valeur de la monnaie dépasse l'échelle nationale?

Je suis loin d'être une experte en institutions européennes, mais il me semble que la figure de "gendarme des marchés", "gendarme des services financiers" comme la FSA aux UK n'existe pas à niveau européen. Alors qu'en réalité, la confiance en l'euro, ce qu'il faut défendre ne peut s'instaurer que s'il y a un certain contrôle qui s'opère sur le marché Zone Euro globalement. Le gendarme en question, devrait aussi avoir un pouvoir de sanction des gouvernements en place. Les dérives des déficit publics observés sur ces 10 dernières années n'auraient pas dû se produire de cette manière sans sanction suffisamment dissuasive.

Ensuite, la question suivante concerne les règles de "solidarité" entre Etats membres de la Zone Euro. Comment éviter un effect domino, si un Etat membre tombe...Il faut d'un dispositif, une sorte de filet, qui permette d'éviter un plus grand mal. Ce genre de décision doit être pris au niveau de l'Exécutif Européen, en relation avec la Banque Centrale Européenne et le Régulateur/Gendarme. L'idée de constituer un fond de réserve peut être intéressante, mais il faut qu'une politique commune soit mise en place avec des règlementations à respecter. Un certaine discipline, pour un bien commun.

Il semble que lors de la création de la zone euro, on se soit focalisé sur les effets positifs d'une monnaie unique qui faciliterait les échanges commerciaux entre Etats membres, au dépends d'Etats tierces, permettant le développement des économies de la zone euro. La question de la force de l'Euro est souvent commentée (comparaison avec le dollar, l'adoption de l'euro comme monnaie de réserve, etc) mais je ne sais pas à quel point la spéculation influe sur ces fluctuations, au dépit de fondamentaux tels que la capacité de la zone euro de faire face à son endettement, sa dépendance aux financements étrangers et à développer son économie. Mais cela nous mène vers un autre débat.