samedi, avril 30, 2011

De l'éducation à la française


Ces derniers temps, j'étais obnubilée par les questions d'éducation et notamment le système français centré sur les mathématiques. A quoi sert tout ce que l'on nous enseigne au collège, lycée, prépa/université si finalement une grande majorité des élèves s'en tire avec des notes moyennes de 10/20. Somme toute, cela signifie que maîtriser un peu quelques sujets suffit amplement pour obtenir un passage en classe supérieure voir un diplôme, qui finalement aura la même valeur que celui d'un autre élève qui aura obtenu une bien meilleure moyenne. Pourquoi s'efforcer plus?



Finalement, je me suis rendue compte de plusieurs banalités. D'une part, les connaissances basiques apprises à l'école primaire et dans une certaine mesure au collège sont celles qui sont les plus pratiques tout au long de la vie et ce quel que soit le métier exercé. 

D'autre part, ce qui est enseigné au lycée est en fait une porte ouverte vers les études supérieures pour ceux qui ont plus d'ambition. Quelqu'un qui s'est efforcé à obtenir une note supérieure à 10/20  a montré sa capacité de maîtriser plus de concepts à un moment précis sur un thème particulier. Pour un élève, cela signifie s'ouvrir le champ des possibles, pour avoir plus d'options et avoir une chance de mieux choisir la voie qui lui conviendra le mieux. Ce n'est pas en soi un gage de "réussite".  

Ce que l'éducation scolaire n'enseigne qu'indirectement c'est la vie en communauté, le rapport aux autres par cette confrontation continuelle avec les autres élèves. Avoir des amis, se créer un réseau, être influent, savoir convaincre, savoir "jouer de la politique" ou tout simplement être débrouillard. Les notes n'évaluent pas ces "interpersonal skills" qui sont pourtant fondamentaux dans la vie de tous les jours et la vie professionnelle.

Le système éducatif français suit un modèle plutôt cartésien où la logique et le raisonnement sont au coeur de l'enseignement. Un univers où les sciences classiques sont reines et les humanités (littérature, langues, philosophie, art) sont méprisées. Comment une société peut-elle nourrir sa culture, être le berceau d'artistes de qualité et augmenter sa portée culturelle si elle nie les vertus de ces humanités et de l'art? 

D'ailleurs, dans l'enseignement il n'y a aucune place pour la créativité ni pour l'émotion. Tout est méthode et décortication cynique de formules de style.  

J'ai vu le spectacle du Cirque du Soleil (une compagnie canadienne de saltimbanques internationale) et je me suis posée la question: comment chacun des membres de la troupe en sont-ils arrivés là? Combien d'entre eux ont poursuivi cette carrière contre l'avis de leurs parents? Combien d'entre eux ont été dénigrés lors de leurs études dans le secondaire parce qu'ils ne savaient pas résoudre un système d'équation ou calculer des probabilités? Combien de fois leur a-t-on refusé un poste dans une autre troupe? Je me suis posé ces questions parce que je suis imprégnée inconsciemment de la mentalité du système éducatif français et la sélectivité biaisée qu'il opère au mépris des humanités et des arts. J'oublie qu'au Canada par exemple, le système éducatif est souvent plus tourné vers l'épanouissement de l'élève pour qu'il puisse développer ce talent si particulier qu'il a en lui. (Bien noter que je ne rapporte là que ce que j'ai entendu à ce sujet sur le système canadien)...







lundi, avril 11, 2011

Incompétente? Moi, jamais... Quoique...

Il est une tendance bien commune de juger l'autre comme étant "incompétent" tout en se considérant soi-même comme le symbole de talent et d'exemplarité.

Mais, on prend rarement le temps de se demander dans quelles circonstances on pourrait être soi-même jugé comme incompétent. C'est pourtant facile d'en arriver là.


Combien de fois ai-je pensé de l'auteur d'un article qu'il n'était pas trop sérieux avec son article criblé de fautes d'orthographe ou même de simples erreurs typographiques? J'imagine, certainement autant de fois que j'aie pu écrire un mail ou un rapport non moins maculé de ces mêmes petites perles. 


Aujourd'hui, il faut être multitask (manière cool de dire qu'on est incapable de se concentrer sur quoi que ce soit), il faut tout terminer pour tout de suite si ce n'est pour hier. Quelques-fois, il semble qu'il faille juste faire, pas forcément faire bien, ni même faire au mieux. Il semble qu'il suffise de mener une petite analyse rapide à partir de quelques données et de dresser un joli tableau pour pouvoir tirer des conclusions à la va-vite.  Et voilà, un rapport/un article parsemés de quelques petites fautes (d'orthographe, de calculs, de format - des erreurs d'étourderie, bien évidemment) et on peut rapidement se trouver décrédibilisé simplement parce qu'on a oublié d'anticiper certaines attentes de notre lecteur, ou parce qu'on n'a tout simplement pas pris le temps de se relire, ni de vérifier la cohérence du tout. Si on est si parfait, pourquoi perdre le temps qu'on n'a pas de toutes façons?

Petit rappel: c'est à l'école primaire qu'on apprenait à bien présenter une copie et à se relire... Et c'est toujours valable quand on est plus grand...

lundi, avril 04, 2011

Guerre en Lybie

Lorsque j'ai appris que la France était à l'initiative de l'intervention en Lybie. Je suis restée sans voix. Pourquoi? Total est déjà en Lybie. La France veut-elle décider du nouvel interlocuteur avec qui renégocier les contrats existants ou négocier de nouveaux contrats?

Selon Newsweek Why Sarkozy Went to War - Newsweek, ce serait pour d'autres raisons que je résumerais en quelques mots: faire parler de lui en tant que leader de quelque chose (à un moment où il est au plus bas dans les sondages). De là à accepter la thèse du rôle du philosophe BHL que clame le magazine américain, je ne sais que penser, excepté émettre un certain doute.

Récemment, on entendait que certaines entreprises préféraient avoir de la publicité négative que pas de publicité du tout... En serait-on là au niveau de notre chère classe politique française?

Alors, qui a raison? Obama de son côté, malgré un certain appui pour une action de lutte contre l'oppression du peuple lybien, a pris soin de mettre les Etats-Unis en retrait de cette opération, laissant le commandement à cet organisme de défense dont la mission est "la paix et la sécurité".

L'Allemagne, qui n'est toujours pas un membre permanent à l'ONU s'est abstenue. La Chine et la Russie aussi.

Pourquoi la Lybie, alors? Je ne trouve toujours pas de réponse pleinement satisfaisante dans les journaux de l'Occident libre.

En attendant, la situation en Cote d'Ivoire s'envenime dans un pays qui produit près de 40% du cacao mondial.  L'Onu et la France attaquent le palais de Gbagbo (voir article du Monde). Mangeons du chocolat tant qu'il en est encore temps.



Repère: La Lybie, membre de l'OPEP, a produit en 2009 1,65 millions de barils par jour, soit 2% de la production mondiale
En 2009, Total a produit 60.000 barils équivalent pétrole par jour en Libye, soit 2,6% de sa production globale. Source: La Tribune
Voir autre article du Figaro sur le rapatriement des expatriés... oú l'on voit que les Japonais, Norvégiens, Italiens et Allemands ont des intérêts économiques en Lybie. 

lundi, mars 14, 2011

Catastrophe au Japon :(

Haiti 2010, une île, pays le plus pauvre du monde, un tremblement de terre de magnitude 7,3 sur l'échelle de Richter. Plus de 200,000 morts et plus d'un million de sans abris. De nombreux bidonvilles, peu ou pas de bâtiments répondant aux normes antisismiques, trop chères. Une tête politique faible, certainement corrompue. Un an après, le pays est toujours à terre. 

Japon 2011,  une autre île, un des pays les plus riches du monde, un tremblement de terre de magnitude 8,9 sur l'échelle de Richter et un tsunami ravageur. Une autre catastrophe. Pour le moment, on compte 10,000 disparus, 310 000 personnes évacuées pour le moment. 

Le Japon est le pays le mieux préparé aux tremblements de terres. Il paraît que les secousses sont leur quotidien. Les bâtiments sont construits en respectant des normes antisismiques de pointe, mais même si les bâtiments résistent aux secousses, que peut-on faire contre un tsunami? Tout ce que l'on peut faire, c'est développer techniques et ingénierie pour apprendre à prévenir ces catastrophes pour pouvoir évacuer à temps. 
Les images sont absolument impressionnantes tout autant que désolantes. J'ai été marquée par les vidéos et photos de routes  fissurées avec des pavés qui se sont soulevés d'un mètre ou plus, et de bâtiments autour toujours debouts. Quant aux voitures et débris emportés par l'eau... Pour couronner le tout, l'une des centrales nucléaires du nord est du japon est l'objet de toutes les attentions, après deux explosions sur site, tout le monde craint un accident du style Tchernobyl, animant en occident les discussions sur les risques du nucléaire (dans un débat qui me semble absolument hors contexte). 

Depuis plusieurs années, le Japon traverse une crise politique avec des premiers ministres qui passent et s'enchainent. Récemment, le ministre des affaires étrangères avait démissionné. Aujourd'hui, il s'agit de retrouver les disparus et les quelques survivants peut-être coincés dans leurs voitures emportées par l'eau. Et reconstruire. Maintenant, les banques japonaises qui déversaient leur excès de liquidités sur des actifs étrangers pour diversifier leur risque, étoffer leur portefeuille et rentabiliser l'épargne des japonais, vont certainement consacrer leurs liquidités à l'effort de construction national en rapatriant leurs fonds ou en coupant net le flux de nouvelles liquidités et d'investissement vers l'Occident en peine d'un tout autre mal. 

A combien s'élèvent les dégâts? Comment cette catastrophe affectera-t-elle l'économie et les japonais? Détruire et créer. J'avais lu une fois qu'il existait un mot japonais qui englobait ces deux sens. Vais-je le retrouver? Je suis curieuse de voir les japonais à l'oeuvre et savoir en combien de temps et surtout comment ils réussiront à surmonter cette catastrophe. 



Qui suis-je?